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Ankor, le dernier disciple de l'Atlantide
Sylvianne Carrié
Comme un conte oriental où l'homme s'évertue à sillonner les mers et les continents à la recherche de quelque chose qu'il porte enfoui en lui-même, Jorge Angel Livraga nous invite à une aventure peu commune : revivre les derniers soubresauts de la mythique Atlantide, il y a environ onze mille cinq cents ans.

Les forces du destin

 

"Ce qui a été est et sera toujours". C'est par ces mots que le lecteur est invité au voyage. Un voyage à travers le temps et la mémoire de l'humanité au-delà de nos voiles d'oubli. Sur l'île de Poséidonis, dernier reste de l'Atlantide, le très jeune Ankor est le dernier des princes atlantes. Il est l'héritier d'une longue lignée de Rois Initiés et va devoir fuir les attaques des "Mages noirs du sud" pour être initié aux mystères du Temple de Kuum, ultime bastion de la sagesse ancestrale.

 

"Ne sois pas troublé par ce que tu ignores. Chaque pas sur le chemin fait reculer d'autant ton horizon". "Nous sommes le dernier rempart des Mystères solaires et de la Grande Magie Blanche sur cette terre maudite par elle-même." Car l'Atlantide est désormais maudite. Maudite pour avoir mésusé de ses connaissances et pour avoir, par ivresse de pouvoir, transgressé les lois de la nature.

 

"Le plus grand mal, c'est à eux-mêmes qu'ils l'ont fait, ils sont les assassins de leur propre âme."

 

Une connaissance oubliée

 

Sous la conduite bienveillante de son Maître, le jeune homme va apprendre à écouter les voix de la nature, à en lire les messages et à s'identifier au grand souffle harmonisateur de la vie qui porte en son sein le mystère de l'origine et du devenir de tous les êtres. "La terre, malgré son apparente immobilité, est aussi un être vivant, une sorte d'animal cosmique. Parfois elle est malade... Elle a la fièvre...Elle tremble."

 

"À quoi sert l'instruction ?... Mes lointains ancêtres, les Atlantes savaient beaucoup de choses et ils ont détruit l'équilibre de la Nature... leur civilisation a péri et la plus grande partie des hommes ont été plongés pendant presque un million d'années dans l'âge des cavernes... Cependant aujourd'hui, les restes... de ces pseudo sages peuplent une bonne partie du monde, terriblement handicapés par leur ignorance du feu et de l'usage de la roue... L'instruction, la connaissance sans âme est comme les ailes des paons, qui ne servent qu'à jeter de la poudre aux yeux et non à voler." La connaissance de tête n'a conduit l'homme qu'à sa propre perte : seul le sentiment d'interdépendance avec tous les êtres, au-delà de tout préjugé ou égoïsme peut réveiller les sens internes. "Ne méprise personne : dans la nuit la plus noire, la lune est blanche... mais si l'ombre devient blanche, la lune sera noire...". "La vie ne se dévoilera pas à toi tant que tu n'auras pas appris à discerner correctement et à aimer sans fausses limites."

 

Alors, seulement, dans les salles souterraines des temples, Ankor pourra se réapproprier le langage universel, celui des symboles. "Son esprit n'arrivait pas à comprendre les symboles... mais son âme, cet oiseau mystique qui renaît toujours des cendres de ses corps, se souvenait et vibrait de joie en reconnaissant ces figures millénaires".

 

Les épreuves

 

Le courage d'Ankor le conduira à braver l'extrême en descendant dans le cratère d'un volcan jusqu'à se rencontrer lui même au cœur du labyrinthe. "Les courageux qui osent descendre dans les abîmes rencontrent généralement la perle mystique".

 

Plus tard, capturé par des pirates, le prince sera confronté à la privation et l'humiliation. Mais à travers patiente observation et dépouillement, "il en arriva à voir sa captivité comme quelque chose qui devait nécessairement nettoyer son destin... et qui le sortirait de cette épreuve... un peu meilleur."

 

Sa quête va finalement le rendre digne de vivre le plus grand accomplissement humain, l'initiation qui relie l'homme à sa divinité intérieure. "L'initiation est uniquement l'art d'accélérer et de concrétiser au maximum le processus évolutif"

 

La rencontre avec l'âme sœur

 

À l'issue de sa formation, le jeune disciple va retrouver son âme sœur en la personne de la jeune pythonisse (2) Fenour, du temple initiatique de Kuum :

 

"L'émotion s'empara d'Ankor... Il eut le sentiment qu'un oiseau céleste et mystérieux voletait dans sa poitrine... Cette cérémonie, il la connaissait.... Le visage de la jeune pythonisse lui était inconnu mais il lui semblait connaître depuis toujours un "quelque chose"... dans ses traits ..."

 

La mission d'Ankor

 

Les signes annonciateurs du proche engloutissement du dernier bastion atlante se multiplient. Ankor répondra présent à l'appel de son destin qui lui désigne les lointains rivages de Khem, ou terre rouge, l'Égypte, berceau de la nouvelle civilisation. "Tu es chargé de porter cette relique des siècles passés, cet ancien navire chargé de plus de cinq cent mille livres anciens et d'objets du culte au pays de Kem, le pays de la fertilité baigné par le Fleuve Bleu, le Nil, qui descend des entrailles de l'Afrique.".

 

Sur le " Kronon", monstrueux navire de bronze mû par la seule énergie d'une mystérieuse pierre alchimique, Ankor vivra son dernier périple. "En des temps lointains...tes sages prédécesseurs avaient découvert une énergie qui permettait de convertir la force latente dans la matière lourde..., en une source de chaleur d'une puissance terrible...".

 

Fidèle à sa promesse, Ankor rejoindra les siens à l'heure du cataclysme, et ses dernières paroles seront pour la prophétesse. Ils seront unis par leur conscience d'éternité au-delà des cycles. "Nous reconstruirons sur une autre terre, Kum, une nouvelle patrie pour les Mystères [... ]. Nous nous en souviendrons".

 

(1) Ankor le dernier disciple de l'Atlantide, œuvre de jeunesse de l'écrivain et philosophe, Jorge Angel Livraga, fondateur de Nouvelle Acropole, vient d'être réédité aux éditions des 3 Monts.

 

(2) Pythonisse ou Pythie : jeune fille douée du pouvoir de divination, interprète des oracles.

 

"Le vœu de silence lui avait appris que les êtres des règnes inférieurs aimaient et respectaient l'homme silencieux et au comportement doux qui s'approchait d'eux avec amour et non pas avec désir d'exploitation ou soif de faire couler le sang"...

 

"Ainsi, en ne devenant pas un ennemi des êtres petits et obéissant aux lois de la nature, celle-ci, qui toujours cède à l'amour et résiste à la violence, lui ouvrait un à un les premiers portails de ses secrets intimes."

 

Extrait du livre Ankor le dernier disciple de l'Atlantide

 

© Droits réservés à Nouvelle Acropole. Article parut dans la revue Acropolis édité par Nouvelle Acropole.